La narration et ses différents point de vue narratif

Le point de vue narratif est aussi important que le nom de ton personnage. 

Je me suis toujours posé des questions sur les différents point de vue narratif en littérature, entre les romans épistolaires comme Lettres à la jeunesse, Lettres à la France de Émile Zola ou bien Les Liaisons dangereuses. Les romans sous forme de journal intime commeLe journal d’Anne Frank. Quant au roman polyphonique je n’ai jamais réussi à complètement les comprendre, car la richesse narrative de ce genre est complexe. 

Un arc narratif est une chose délicate quand tu  écris ton roman. Un arc narratif mal formé ou bien pas bien choisi peut transformer une histoire avec beaucoup de potentiel en quelque chose de non lisible. Et pour éviter ça il faut que tu t’informe et que tu t’entraîne à écrire dans un point de vue narratif  

Il n’y a pas qu’une seule manière d’écrire un roman. Tu le sais et il n’y a pas qu’un seul point de vue.
Dans cet article, on va voir les trois grands types de point de vue utilisés en fiction, avec leurs forces, leurs limites, et quand les utiliser.

Le point de vue narratif resserré : une seule conscience à la fois

Je vais tout de suite te dire la vérité : ce n’est pas mon préféré. Ce point de vue se focalise sur la narration interne des personnages.

En gros, on ne sait que ce que ce personnage voit et ce qu’il sait. Et pour moi, là sont les limites de ce point de vue.

Ses caractéristiques

  • Un seul point de vue par scène (à part si tu veux réécrire la scène d’un autre point de vue)
  • Accès aux pensées et émotions du personnage (ton lecteur va tout vivre à travers ce personnage)
  • Narration plus incarnée

Bien que je n’aime pas ce point de vue, tu peux y trouver pas mal d’avantages.

Une forte immersion. Ton lecteur va être immergé dans le personnage l’espace d’un chapitre ou de toute ton histoire. C’est parfait si tu souhaites faire passer des émotions fortes.
Identification du lecteur. Dans ton récit, il sera facile d’identifier chaque personnage. Au niveau de l’écriture, tu n’auras pas à t’inquiéter des répétitions de prénoms ou autres.
C’est un point de vue très utilisé en romance, en thriller et dans la catégorie young adult. Les lecteurs aiment pouvoir s’identifier au personnage, et comment mieux le faire que de lire à travers ses yeux.

Les inconvénients

Les informations données au lecteur sont très limitées. Si on devait me demander, c’est un couteau à double tranchant. Car lorsque tu désires écrire une histoire avec une trahison inattendue, c’est parfait. Mais lorsque tu souhaites décrire une scène où avoir les point de vue de tous les personnages est nécessaire pour ton lecteur, tu vas te retrouver soit à écrire la même scène avec un point de vue différent, soit à faire faire à ton jet des galipettes.
Obligation de gérer soigneusement les POV. J’ai lu beaucoup d’histoires avec des changements de POV dans lesquelles j’ai réussi à m’immerger. Mais dans une grande quantité de livres, c’est lassant. Je suis une lectrice curieuse, je veux tout savoir.
Risque de répétition si ce point de vue est mal maîtrisé.

Mais ce point de vue reste un excellent compromis entre la clarté de ton histoire et la proximité émotionnelle avec tes personnages.

Le point de vue narratif profond : entrer dans la tête du personnage

Le point de vue profond pousse la focalisation interne plus loin que le précédent. Tu ne décriras plus l’expérience de ton personnage. Mais la faire vivre directement.

Tu vas limiter les verbes de pensée.

Ses caractéristiques

  • Perception subjective des événements
  • Très peu, voire aucun, verbe de pensée ou de sensation
  • Le langage épouse la voix intérieure du personnage

Un exemple tout simple

« Elle se sentit en danger »
« Son ventre se noua. Quelque chose clochait. Trop silencieux. »

J’aime particulièrement ce point de vue car, généralement, je le mélange avec le point de vue omniscient. Mais concrètement, quels sont ses avantages ?

Immersion maximale : comme dit plus haut, tu ne décris pas une scène, tu la fais vivre à ton lecteur.
Émotions brutes et viscérales : les émotions sont complètement mises à vif, elles seront montrées plutôt que racontées. Elle ne pleure pas, sa gorge se noue et les larmes d’eau salée coulent sur ses joues.
Idéal pour la dark romance, la psychologie et le dramatique. Vu que tu es dans une description profonde des émotions, c’est facile d’écrire ce genre de choses.

D’ailleurs j’ai un article sur l’écriture des émotions si cela t’intéresse : Exercices d‘écriture les émotions 

Les inconvénients

Cette méthode exige de la technique. Grosso modo, tu dois faire très attention, car non seulement tu as besoin d’un vocabulaire étendu, mais aussi d’une vraie dextérité en écriture.

C’est aussi un point de vue très étouffant et, au bout d’un moment, tu finis par te confondre entre description et narration. Ça peut finir comme Le Seigneur des Anneaux de J. R. R. Tolkien : tu ne vas pas t’en sortir. Et encore, dans ces livres, il fait surtout des descriptions de paysages et de décors. Mais au niveau émotionnel, ça peut être trop et agresser la psyché du lecteur. Il faut donc être aux aguets.

Et pour finir, il te faut une grande cohérence au niveau des voix.

Ce point de vue, c’est montrer plutôt que raconter.

Le point de vue narratif omniscient

Le point de vue large

Pour finir, celui-là correspond à une vision large de ton histoire.
Sincèrement, c’est mon point de vue préféré, car le narrateur sait tout :

  • Ce que pensent les personnages
  • Ce qu’ils ressentent
  • Ce qui se passe ailleurs

C’est le grand manitou des livres. Il sait toujours tout, et pas besoin de gymnastique ni d’écrire à chaque début de chapitre le prénom des personnages pour savoir dans la tête de qui ton lecteur va se trouver.

ATTENTION

Le point de vue extérieur et le point de vue omniscient, ce n’est pas la même chose !

Qu’est-ce que le point de vue extérieur ?

C’est le point de vue qui montre ce qui se passe sans s’immerger dans la tête des personnages. Comparé à l’omniscient, il ne sait pas ce que les personnages pensent, ce qu’ils ressentent, ni rien de ce genre. Il peut voir ce qui se passe ailleurs, il se déplace comme tout le monde, mais ce n’est pas le grand divin. Il est tout le contraire du point de vue profond et du point de vue omniscient. C’est une description dénuée de sentiments.

Je ne m’attarde pas trop sur ce point de vue, car pour moi, c’est le moins bon pour écrire une histoire. Il est trop froid à mon goût, pas suffisamment personnel ni émotionnel.

Retour au grand divin

Il donne une vision globale de l’intrigue, à part si tu souhaites que ton lecteur ne sache pas certaines choses.
Tu donnes accès à tous les personnages, à leur ressenti et à leurs pensées.

Les avantages du divin

C’est un point de vue narratif idéal pour les sagas, les mondes complexes, la fantasy et toutes les histoires très longues. Car ça va te permettre de faire avancer ton histoire plus vite.
Il permet aussi de gérer beaucoup de personnages à la fois.
Ton histoire va donner l’impression d’un récit maîtrisé.

Les inconvénients

Le divin (oui, je vais continuer à l’appeler comme ça) a aussi des inconvénients, mais ils dépendent du lecteur et de la maîtrise que tu as de ce type de récit.

Il peut créer une distance émotionnelle avec le lecteur.
Tu risques de raconter au lieu de faire vivre.
Il peut aussi affaiblir l’immersion dans ton histoire si c’est mal dosé.

C’est à utiliser si tu veux un regard large sur ton histoire et que tu maîtrises ton karaté.

Quel point de vue narratif choisir pour ton histoire ?

Alors, bien que je ne veuille pas le dire, je vais le faire : il n’existe pas de « meilleur » point de vue narratif  universel.
Le bon choix va dépendre :

  • De ton genre
  • De ce que tu veux que ton lecteur ressente
  • De l’expérience de lecture

La plupart des romans de nos jours utilisent :

  • Un point de vue resserré
  • Parfois profond dans certaines scènes clés
  • Et évitent l’omniscient

Mais tu ne peux pas te baser uniquement sur ça. Moi, par exemple, j’utilise le point de vue profond et le point de vue omniscient et, grâce à ma grande maîtrise de ma plume (oui, c’est ironique), j’arrive plus ou moins à contrôler ce que j’écris pour que ça ne soit pas trop. Pourtant, ce sont deux point de vue qui, au fil du temps, peuvent submerger le lecteur au niveau des sensations et du ressenti. Mais c’est le cas seulement si c’est mal fait.

En résumé, choisis en fonction de toi. Pose-toi ces questions : toi, quand tu lis, quel point de vue aimes-tu ? Moi, je préfère le point de vue omniscient, donc j’ai décidé d’écrire avec celui-là. Toi, si tu préfères un point de vue resserré, choisis celui-là. Moi, je ne l’aime pas du tout : quand je lis un livre et que ça commence par « je », je le referme.

Oui, je sais, ce n’est pas bien comme chose à dire. Attention, ça ne veut pas dire que le livre est mauvais, c’est juste une préférence. Je n’arrive simplement pas à lire des livres où il y a « je », sauf s’il est vraiment très bon et que le synopsis me motive.

Conclusion

Le point de vue n’est pas qu’un choix technique.

C’est un outil narratif puissant, capable de transformer complètement une histoire.

J’espère que cet article t’a plu. Merci de tout cœur de m’avoir lu.
Je te souhaite de passer une excellente journée. 💜
Bisou.

Il y a un blog que j’ai découvert qui couvre le sujet de l’écriture de manière complète nommé L’astre et la plume fais-y un tour !

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