Une passion née dans la marge des genres
La plupart des gens découvrent la romance avec des histoires douces, des comédies romantiques ou des contes de fées modernes. Moi, pas du tout. Mon point d’entrée dans l’univers de la romance a été tout sauf conventionnel. J’ai plongé tête la première dans des récits sombres, dérangeants, intenses. Des histoires où les émotions sont à vif, où les relations sont toxiques, passionnelles, obsessionnelles. C’est là-dedans que j’ai trouvé un écho à ce que je vivais, à ce que je ressentais.
La Dark Romance n’est pas qu’un genre, c’est une expérience. Et dans mon cas, elle a été thérapeutique, salvatrice, et profondément fondatrice.
Qu’est-ce qui m’a attirée vers la Dark Romance ?
Qu’est-ce qui a provoqué votre attrait pour l’interdit, le frisson et la noirceur des Dark Romance ? Qu’est-ce qui vous a tant captivé·e que vous avez continué ?
Moi, personnellement, ça a commencé avec des Yaoi. Et plus précisément des fanfictions Yaoi qui étaient elles-mêmes des Dark Romance.
You are my lover, Finder (Viewfinder), Okane ga Nai, ou encore des doujinshi pas très catholiques…
Mon tout premier choc Dark Romance : Okane ga Nai
Quand j’ai vu Okane ga Nai pour la première fois, j’étais juste à la recherche d’un nouvel anime à regarder. Mais ce jour-là, je suis tombée sur une vidéo YouTube bizarre avec un frère et une sœur qui voulaient faire des choses ensemble. Oup, j’ai vite zappé : je ne fais pas dans ce pain-là, ce n’est pas mon style.
La vidéo suivante ? Okane ga Nai — ou No Money, comme elle était nommée. En cliquant dessus, j’ai découvert à la fois le Yaoi et la Dark Romance. J’ai été hypnotisée. Voir Ayase (le nom du bottom), si déchiré et innocent face à ses circonstances violentes et terribles provoquées par son cousin, m’avait passionnée.
Une révélation douloureuse… et un lien émotionnel fort
Au début, j’ai voulu passer mon chemin (et je l’ai fait), car les premières scènes n’étaient pas très jolies à regarder. J’avais du mal à comprendre ce qui se passait, ce n’était pas montré de manière explicite. J’ai dû regarder trois fois avant de comprendre… qu’il se faisait violer. J’ai pleuré, et j’ai posé mon téléphone un moment.
J’ai laissé tomber pendant trois jours avant que la curiosité m’attrape par la veste. Mes questions me hantaient :
“Pourquoi a-t-il été acheté ?”
“Pourquoi le violer ? Ce n’est qu’un enfant…”
(Il avait 18 ans, mais il avait l’air d’un gamin de mon âge. Oui, j’ai commencé jeune — comme beaucoup d’entre nous.)
Viewfinder : le Yaoi qui a tout changé
La vidéo durait plus d’une heure si je me souviens bien. J’ai tout regardé. J’ai pleuré, j’ai ragé, j’ai ressenti des émotions très intenses.
Mon cœur et mon cerveau, fragilisés et fermés à tout sauf les animes — j’étais en dépression et en décrochage scolaire — se sont ouverts au Yaoi. Mais pas à n’importe quel Yaoi : s’il n’était pas violent, ça ne m’intéressait pas. Je n’ai jamais été fan de romance, et je ne le serai probablement jamais.
Je me suis lancée dans une course effrénée pour trouver LE Yaoi qui allait me faire chavirer. Et juste en dessous de la vidéo précédente, se trouvait LE Yaoi que rien n’a détrôné depuis : VIEWFINDER.
La découverte des scans : un nouveau monde s’ouvre*
J’ai regardé la vidéo, puis cherché d’autres épisodes — mais rien. Alors j’ai fouillé sur Chrome. Et c’est là que j’ai découvert ce qu’étaient les scans.
Alors petite parenthèse pour celles et ceux qui ne connaissent pas : un scan (ou scantrad), c’est tout simplement un manga traduit par des fans, généralement de façon non officielle. C’est souvent scanné depuis les tomes japonais, puis traduit et diffusé en ligne gratuitement. Bon, ce n’est pas très légal, mais pour beaucoup d’entre nous, c’est comme ça qu’on a découvert des trésors introuvables ailleurs. Et moi, clairement, c’est ce qui m’a permis de continuer à plonger dans cet univers dark, sans attendre une hypothétique sortie officielle qui n’arriverait jamais.
J’étais euphorique. J’ai tout lu à une vitesse ahurissante. Et la course a continué. Elle a ralenti à certains moments, mais ne s’est jamais arrêtée.
Comment les fanfictions Yaoi m’ont sauvé la vie
Des histoires qui ont été un refuge
Après cette rencontre très thérapeutique entre Dark Romance et Yaoi, j’ai découvert les fanfictions un an après ma découverte des Black Yaoi.
Il n’y avait pas de suite pour Viewfinder, et j’avais l’impression d’avoir tout lu dans le marché du Yaoi Dark Romance.
C’est là que j’ai découvert One Piece, un des meilleurs animés jamais écrits. Et je ne sais pas pourquoi, mais j’ai commencé à shipper tous les personnages masculins ensemble. Et BOOM… ZoSan. Durant longtemps, c’est resté mon ship préféré. C’est ce couple qui m’a fait voir la romance d’un autre œil. J’ai toujours trouvé la romance traditionnelle ennuyeuse, mais avec ces deux personnages, c’était incroyable.
Les doujinshi, puis les fanfictions : une obsession naissante
Puis, les doujinshi ont commencé à se faire rares, et j’en avais déjà vu des centaines (ZoSan et autres ships BL de One Piece). Jusqu’à ce que je découvre les… fanfictions.
🧡 À toutes les créatrices et créateurs de fanfiction.net, sachez que vous m’avez maintenue en vie pendant 3 ans grâce à votre site.
Merci à tous les auteur·es de cette plateforme : à chaque rechute, lire vos histoires m’a donné envie de rester un peu plus longtemps.
Merci aussi aux blogs Skyrock, notamment BLs Gaga, qui a partagé tant de pépites Yaoi au fil des années.
Quand les fanfictions ont remplacé les mangas
Asami x Akihito : le retour du couple mythique
Après pas mal de fanfiction ZoSan, mon cerveau m’a dit :
“Et si tu cherchais des fanfics Asami x Akihito ?” (le couple top/bottom de mon Yaoi préféré).
J’étais aux anges. Juste imaginer qu’on puisse retrouver mes persos préférés dans de nouvelles storylines m’excitait. (Sauf quand il y avait la mention “OOC” — Out Of Character. Dans ces cas-là, je ne lisais même pas.)
AO3, Wattpad… et mes nouveaux ships dark romance
Puis j’ai découvert Wattpad et AO3.
Et là, mon ship c’était Riren (Levi x Eren, et pas Erei, car le nom du top est censé être en premier, d’accord ?). Je ne sais pas pourquoi les auteur·ices ont arrêté de faire ça — moi, c’est comme ça que je repérais quelle fic lire.
Dark Romance hétéro : une transition timide mais marquante
À la même époque, j’ai aussi commencé à lire des Dark Romance avec des couples hétéros. C’était un peu nouveau pour moi, parce qu’avant ça, la romance « classique » ne m’intéressait pas vraiment. Mais certaines histoires m’ont surprise par leur intensité et leur côté sombre. Si vous voulez comprendre d’où vient ce genre et pourquoi il fascine autant, j’ai écrit un article complet sur le sujet : Les origines de la Dark Romance.
je ne lis pas de dark romance hétéro autant que les DR en BL : une ou deux par jour grand max, comparé à dix Yaoi par jour.
Et puis un jour, je suis tombée sur Comfort Food de Kitty Thomas. Ce roman, c’est pas une histoire d’amour. C’est un piège. Un huis clos psychologique qui m’a hantée.
Pourquoi je suis restée accro à la Dark Romance
Voilà comment mon obsession pour la Dark Romance a commencé.
Peu importe que ce soit homme x femme, femme x femme, ou homme x homme : une Dark Romance reste une Dark Romance.
🖤 Dites-moi en commentaire comment vous avez commencé. Merci de m’avoir lu.